Nombre de ses performances sont réalisée avec Satomi, sa compagne, qui est une body artist se définissant comme une geisha moderne, experte dans l'art du bondage japonais traditionnel (Kinbaku). Avec Lukas Zpira, elle partage cette volonté de modifier, d'embellir et quelque part de spiritualiser la nature et l'apparence naturelle des choses. Ils sont tous deux des transformateurs, non parce qu'il altère la réalité (ce n'est pas le cas) mais parce qu'il la révèle en créant des rapports intimes avec l'actualité mondiale. La réalité n'est pas unique et figé, elle bouge, évolue, se transforme par essence.
N'est ce pas là, une des meilleurs définitions que l'on puisse attribuer à un artiste : il est un transformateur qui révèle la réalité actuelle.
L'œuvre de deux body artists s'inscrit malgré tout dans une certaine contestation de la société marchande. S'ils font usage de l'ornement (comme Picasso ou Matisse à une certaine époque), ce n'est pas pour réemployer l'esthétique publicitaire des formes mais pour la nier. Il s'agit plutôt pour eux de créer une beauté parallèle que l'on contemple en regardant une peau tranchée (pas très sexy au départ) dont les cicatrices dessinent un motif tribal très sophistiqué ou une peau couverte d'une encre qui efface peu à peu l'apparence humaine de départ.
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