« Retour au blog de pin-upiercing01

lukas/satomi

Lukas Zpira est un artiste corporel féru de suspensions (voir la photo ci-dessus), il est également tatoueur et photographe. Il passe sa vie à voyager afin de trouver les corps les plus modifiés de la planète et organise des soirées « mutant », les Freak connexion, où les « anormaux » sont célébrés. Selon l'artiste ces « post-humains » sont les prototypes d'une nouvelle évolution de l'espèce humaine. Alors que les arts plastiques ont abandonné cette idée, comme tout body artist, Zpira continue de croire qu'une révolution ne sera possible que par la chair et par l'esprit, à cet égard il théorise le kor qui est le point de fusion entre le corps et l'esprit : quand la chair devient pensée, le corps est évanescent, devenant ainsi une architecture vivante de sentiment et de sensations immatérielles. Pour l'artiste corporel, le sang est le symbole de la vie et de l'évolution, c'est pourquoi cette matière vivante est convoquée à chacun des spectacles, il s'agit de donner un souffle aux spectacles et de devenir soi-même un art kor.

Nombre de ses performances sont réalisée avec Satomi, sa compagne, qui est une body artist se définissant comme une geisha moderne, experte dans l'art du bondage japonais traditionnel (Kinbaku). Avec Lukas Zpira, elle partage cette volonté de modifier, d'embellir et quelque part de spiritualiser la nature et l'apparence naturelle des choses. Ils sont tous deux des transformateurs, non parce qu'il altère la réalité (ce n'est pas le cas) mais parce qu'il la révèle en créant des rapports intimes avec l'actualité mondiale. La réalité n'est pas unique et figé, elle bouge, évolue, se transforme par essence.

N'est ce pas là, une des meilleurs définitions que l'on puisse attribuer à un artiste : il est un transformateur qui révèle la réalité actuelle.


L'œuvre de deux body artists s'inscrit malgré tout dans une certaine contestation de la société marchande. S'ils font usage de l'ornement (comme Picasso ou Matisse à une certaine époque), ce n'est pas pour réemployer l'esthétique publicitaire des formes mais pour la nier. Il s'agit plutôt pour eux de créer une beauté parallèle que l'on contemple en regardant une peau tranchée (pas très sexy au départ) dont les cicatrices dessinent un motif tribal très sophistiqué ou une peau couverte d'une encre qui efface peu à peu l'apparence humaine de départ.






















tiré d'ici
lukas/satomi

# Posté le mercredi 09 janvier 2008 16:04

« Article précédent : stretch

Article suivant : :) »